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    ÇáÈÇÍË: Ï/ Úáí Úáí ãÈÇÑß ÇáÍÖÑãí
    ÇáÏÑÌÉ ÇáÚáãíÉ: ÏßÊæÑÇå
    ÊÇÑíÎ ÇáÅÞÑÇÑ: 2005
    ÇáãáÎÕ :
    Introduction GÉNÉRALE :
    L’utilisation artistique des symboles historiques et mythiques est considérée comme un phénomène de premier plan dans l’expérience de la poésie arabe contemporaine et son évolution depuis la fin des années 1940 à nos jours. Les poètes ont trouvé dans le patrimoine de la pensée humaine depuis ses premiers balbutiements, et à travers les différents étapes de son évolution, avec toute la diversité de ses différents niveaux, ses modes mythiques, religieux, artistiques, socio-historiques et politiques, une source riche en valeurs et en grandes idées existentielles sous tous leurs aspects. Influencés par leurs prédécesseurs dans ce domaine dans d’autres parties du monde, ces poètes se sont orientés vers cet héritage humain pour y puiser ce qui pourrait enrichir leurs expériences. Des expériences qui visaient à créer des formulations et des styles nouveaux susceptibles de satisfaire leurs ambitions. Ambition de développer et faire progresser le poème contemporain aussi bien au niveau de la vision qu’à celui de la formulation. Mais ambition susceptible aussi d’enrichir ce poème en valeurs symboliques capables de cristalliser leurs positions vis-à-vis des grandes questions, inhérentes au rapport de l’homme à la vie d’une part, et à l’égard de celles de la réalité vécue par eux d’autre part.

    L’examen de ce phénomène pourrait donc ouvrir bien des portes sur des aspects importants de l’expérience de la poésie arabe contemporaine, que ce soit sur le plan de la construction artistique et tout ce qui s’y relie en matière de formulation, de l’image, du langage, ou sur le plan de la vision thématique. Cette dernière est considérée dans son rapport avec les questions du mouvement de mutation dans la société arabe durant la seconde moitié du 20ème siècle à ses différents niveaux politiques, sociaux, intellectuels et artistiques.

    On constate, sur cette base, qu’ont vu le jour un certain nombre d’études concernant cette question, ou plutôt quelques-uns de ses aspects pour être plus précis, et qu’on examinera dans les chapitres appropriés. Mais elle nous paraît insuffisante pour cerner les éléments les plus importants du sujet, avec tout notre respect évidemment pour les efforts et les objectifs qui ont donné naissance à ces études, ainsi qu’aux résultats sur lesquels ils ont débouché. On sait, par ailleurs, que ceci est dû en partie au fait que les études en question, à l’instar d’autres dans différents domaines, ne pouvaient en aucun cas assurer unilatéralement la couverture de toutes les questions qui concernent leur objet d’études. En effet, les voies de l’investigation restent toujours ouvertes, se servant les une des autres, se complémentant et s’éclairant mutuellement et perpétuellement des découvertes de chacune. Mais, en plus de ce qui précède, on constate que ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent concernant les questions essentielles examinées par ces études, reste plus important que ce qui a été réalisé. Ce qui peut être dit à ce propos se résume comme suit.

    La plupart de ces études se sont limitées à investir uniquement le côté mythique dans la poésie arabe contemporaine, négligeant les autres sources du patrimoine. Cependant, il n’est pas possible de séparer l’expérience du poète en matière de maniement des symboles mythiques de celle qui concerne son utilisation des symboles religieux ou historiques ayant pris un caractère légendaire, ou même les symboles purement historiques.

    Ces études qui ont traité du mythe dans la poésie arabe contemporaine ont vu le jour sous des titres trop larges correspondant à un espace immense d’investigation. Par exemple: «Le mythe dans la poésie arabe contemporaine», «Le mythe dans la poésie arabe moderne». Toutefois, elles se sont limitées à un nombre réduit des poètes pionniers dont Badr ŠAkir as-SayyAb, Halīl HAwī, Adonis et SalAH ‘Abd aS-Sabūr. Et ce sont ces mêmes noms appartenant à trois pays arabes, à savoir: le Liban, l’Irak et l’Egypte, qui reviennent à chaque fois dans la plupart des études. Ils appartiennent tous à la première vague de la génération des pionniers qui ne sont représentatifs que d’une seule des phases de l’évolution de l’expérience poétique arabe.

    Les poètes appartenant à la vague suivante de la génération des pionniers et qui ne figurent pas dans la plupart des études, ont réalisé des prouesses qualitatives au sein du mouvement de la poésie arabe contemporaine et sur plusieurs niveaux. En effet, grâce à eux, on constate une évolution dans la façon d’utiliser les symboles historiques et mythiques, en plus du fait qu’ils se différencient les uns des autres dans le choix des sources du patrimoine humain universel par rapport à ce qu’il en était avec leurs prédécesseurs.

    La géographie de la poésie arabe, après la première vague des pionniers, s’est élargie à des poètes venant de la plupart des pays arabes. Des poètes qui, eux aussi, ont pratiqué l’utilisation artistique des symboles historiques et mythiques. D’après les informations qui nous sont disponibles, il n’existe qu’une seule étude, réalisée par ‘Abd ar-RaHmAn Basīsū, intitulé QaSīdat al-qinA‘ fiš-ši‘r al-‘arabī al-mu‘ASir (Le poème du masque dans la poésie contemporaine arabe), présentée en tant que thèse de doctorat à l’université du Caire en 1996 et dont le tome premier a été publié en 1999. Il englobe des poètes représentant la majeure partie de la nation arabe. On y trouve une analyse de la plupart des questions inhérentes à ce phénomène. Ce chercheur s’est contenté des questions de l’utilisation des symboles du patrimoine mythique et historique par le biais du style du masque. Un style où le poète glisse dans le personnage du symbole, faisant ainsi ce dernier parler à la première personne du singulier.

    A l’exception de l’étude citée plus haut de ‘Abd ar-RaHmAn Basīsū, la totalité ou presque de celles qui l’ont précédée s’est limitée aux questions inhérentes à l’influence de l’expérience des poètes occidentaux tels que T.S Eliot et Yates sur la génération des pionniers. Elle s’est intéressée également à certains sujets concernant la manière d’utiliser les mythes. Mais ces études ne présentent rien d’important quant aux questions fondamentales liées à ce phénomène sur le plan des motivations, ni sur celui de la nature de ses rapports avec ses diverses sources. Sur les techniques d’approche de ce phénomène et les fonctions remplies au sein du corpus du poème aux niveaux de la vision thématique (objective) et du style artistique, encore une fois, il n’y a rien d’important qui mérite d’être signalé.

    La présente étude puise ses éléments dans les apports les plus importants de celles qui l’ont précédées. Par contre, elle a l’ambition de tenter de couvrir quelques aspects restés insuffisamment traités ou pas du tout. Le moyen d’y parvenir est certainement celui d’examiner l’utilisation artistique des symboles historiques et mythiques à travers l’expérience du poète yéménite al-MaqAliH sous le titre : «Le symbole historique et mythique dans la poésie de ‘Abd al-‘Azīz al-MaqAliH ».

    A la lumière de ce qui précède, en plus d’autres facteurs, on peut avancer que cette étude reçoit son importance de ce qui suit. Notre auteur est considéré comme l’un des poètes les plus importants de ceux qui se sont succédés à la génération des pionniers. Il est donc possible que l’étude des questions inhérentes à ce phénomène dans sa poésie aide à comprendre et à cerner certaines particularités importantes de l’évolution de l’expérience poétique arabe contemporaine durant la phase des post-pionniers.

    La poésie contemporaine du Yémen a été négligée et ignorée de beaucoup de critiques qui se sont intéressés aux différents sujets de la poésie arabe contemporaine. Exception faite de quelques rares contributions qui se comptent sur les doigts: le livre du poète irakien HilAl NAğī intitulé Šu‘arA’ al-Yaman al-mu‘ASirūn (Les poètes contemporains du Yémen ), un autre livre du critique égyptien ‘Izz ad-dīn ’Ism A‘īl dont le titre est Aš-ši‘r al-mu‘ASir fil-Yaman, ar-ru’ya wal-fann (La poésie contemporaine au Yémen; la vision et l’art), ainsi que quelques études tournant autour de l’expérience d’al-MaqAliH. Par conséquent, étudier académiquement ce phénomène à travers cette dernière est susceptible de compenser les lacunes et les insuffisances constatées.

    Al-MaqAliH est parmi les poètes yéménites celui qui est le plus lié à ce phénomène, le plus conscient de son importance et celui qui connaît le mieux ses subtilités. Son expérience dans ce domaine est sans ce doute un bon modèle d’étude, tant il est caractéristique de l’expérience yéménite en général.

    A la lumière de ce qui précède, il devrait être clair que cette étude, dont l’objet est l’utilisation des symboles historiques et mythiques dans la poésie d’al-MaqAliH, n’examine pas ce phénomène comme phénomène individuel limité à l’expérience d’al-MaqAliH. Au contraire, elle y voit un phénomène global très présent au sein de l’expérience poétique contemporaine en général. Un phénomène dont les origines historiques remontent aux expériences vécues par toutes les nations précédentes et remontent aux premiers balbutiements de l’activité humaine intellectuelle et épistémologique. Ces balbutiements qui reflétaient déjà un désarroi face aux questions de l’existence et de la destinée de l’homme et de la vie, et qui poussaient à tenter de répondre, du moins à quelques-unes d’entre elles, par le biais des symboles et des mythes. Par conséquent, la présente étude s’est vu contrainte d’examiner un certain nombre de sujets liés à son objet d’investigation, même s’ils sortent du cadre global de l’œuvre poétique d’al-MaqAliH.

    Dans cette optique, nous sommes amené à considérer l’expérience d’al-MaqAliH uniquement selon ce qu’elle représente au sein du mouvement de l’évolution de l’expérience qu’a connue la poésie arabe contemporaine, comme nous l’avons déjà souligné. Elle sera examinée également en termes d’importance des fondements et des composantes de la pensée et du vécu (aussi bien personnels que généraux) qui ont motivé son choix de cette voie poétique. En conséquence, la présentation d’al-MaqAliH au lecteur s’impose par elle-même, avant toute autre progression vers le cœur du sujet, pour le familiariser avec ce poète et son œuvre. Ainsi faut-il montrer son importance dans son domaine à travers la présentation d’échantillons de sa poésie qui a évolué durant quatre décennies.

    Lors de l’exposé des questions primaires liées à la détermination des origines du phénomène étudié, l’objectif visé par notre investigation nécessite, la prise en compte de l’ordre chronologique de ses différentes manifestations. Pour cela, nous avons fait le choix de recourir à la prospection analytique théorique, en recherchant les conclusions à partir des textes poétiques surtout pour corroborer les hypothèses posées, et en prenant compte, évidemment, les différents points de vue critiques et théoriques à chaque fois que l’analyse les impose. L’analyse technique d’un certain nombre de textes pour cerner les dimensions de la valeur symbolique, évoluant au sein du mouvement d’interaction et d’échange entre les composantes du corps poétique dans sa globalité et sa complémentarité, constitue elle aussi un des éléments méthodologiques de cette étude. Ces niveaux méthodologiques requis par la nature du sujet se complémentent dans le cadre d’une méthodologie globale basée sur cinq chapitres et une introduction.

    Cette dernière consiste surtout en une présentation d’al-MaqAliH, en faisant connaître sa carrière intellectuelle et son expérience de la vie depuis son jeune âge jusqu’à nos jours. Ceci doit, certainement, passer par les différentes phases ayant marqué l’évolution de son expérience et de son œuvre, sur les plans poétique, critique et intellectuel. Il faut aussi examiner ses opinions et ses positions vis-à-vis de diverses questions intellectuelles et d’autres concernant l’innovation littéraire, ainsi que l’existence de l’homme dans sa triste quête de liberté, de bien et de paix. Sans oublier les reconnaissances et les distinctions que celles-là lui ont valu, ni les hommages rendus par de nombreuses institutions arabes et mondiales qui veillent à encourager et saluer les symboles de la pensée humaine dans le monde d ‘aujourd’hui.

    Dans le premier chapitre, cette étude tourne autour de l’enracinement du phénomène. Elle y présente aussi les concepts marquants de sa terminologie et leur étendue à travers ses origines historiques, ainsi que les principales étapes de sa maturation en vue de déterminer les questions les plus importantes liées à sa remarquable émergence dans l’expérience de la poésie contemporaine.

    Ceci est explicité en détail au cours de quatre sections: La première partie de cette étude aborde la définition des concepts terminologiques, tels que les concepts de symbole et de mythe, ainsi que les origines du phénomène à titre de comparaison, dans le patrimoine de l’Extrême Orient et le patrimoine hellénique. L’étude tente également d’explorer la relation entre le symbole, le mythe et la poésie, tout en soulignant les différentes étapes de déclin et de prospérité traversées par le mythe.

    La présente investigation tente également de passer en revue des exemples-types parmi les œuvres poétiques qui rentrent dans le cadre de notre étude. Ainsi celles réalisées durant des périodes qui ne sont pas très loin de notre époque, à savoir celles de Voltaire, Delavigne, Chapelain concernant Jeanne d’Arc, et celles de Victor Hugo concernant Napoléon Bonaparte en tant que personnalité historique ayant acquis une dimension légendaire dans la mémoire collective.

    Cette partie de notre investigation se termine sur des indications à propos du regain d’intérêt pour ce phénomène chez d’autres poètes à l’instar de T.S Eliot et William Yates. Ces derniers ont effectivement recouru aux symboles historiques et mythiques, parce qu’ils étaient conscients de leur importance dans le processus d’enrichissement de l’expérience poétique, même s’ils l’ont fait de différentes manières. Ainsi, le phénomène du masque poétique émerge dans leurs œuvres.

    En revanche, la deuxième partie de ce chapitre traite des conséquences découlant de ces manières différentes de manier les symboles: l’apparition de multiples appellations du personnage historique et mythique, et donc du phénomène même et de la qualification du symbole. Les plus importantes parmi ces appellations: le masque né d’une certaine manière artistique basée sur l’adoption par le poète du personnage du symbole historique ou mythique, ce qui le dote de la qualité de masque. Ce terme s’est propagé et son emploi s’est multiplié pour concerner, de nos jours, le poème basé sur l’utilisation des symboles historiques et mythiques dans un contexte qui les présente à travers le premier pronom personnel ("je" ou "moi"). Ainsi parle-t-on, de nos jours, de poèmes du masque ou du poème du symbole masqué. En même temps, on a commencé à appeler "poème d’interpellation" le poème qui recourt au symbole à la troisième personne du singulier ("il /elle" ou "lui ") ou l’interpellant à la deuxième personne ("tu" ou "toi"), car il interpelle et ressuscite les personnages.

    Cette partie se termine par des indications sur la particularité de l’intertextualité comme une des caractéristiques fondamentales du poème fondé sur l’utilisation des symboles historiques et mythiques. Dans ce genre de poème, le poète visite les mondes du symbole dans son environnement originel aux niveaux linguistique, expérimental et sémantique. Et cela, en vue de les intégrer dans des contextes inter agissant avec sa langue, son expérience et ses propres significations inhérentes aux soucis générés par son rapport avec son vécu.

    Dans la troisième partie, nous avons parcouru brièvement les manifestations du phénomène dans la poésie arabe contemporaine en exposant quelques expériences pionnières. Nous avons montré également sa propagation parmi la génération des pionniers conscients de son importance dans l’enrichissement modernisant de leur expérience .De mime nous avons précisé les principales sources du patrimoine arabe et humain dans lesquelles les poètes ont puisé leurs symboles et mythes, avec les particularités qui les différencient de leurs successeurs dans leur recours aux mêmes sources. Le parcours des travaux de recherche les plus importants concernant ce phénomène constitue également un des éléments de cette troisième partie, sachant qu’elle se concentre principalement, comme nous l’avons déjà indiqué, sur la légende et le mythe dans la poésie arabe contemporaine.

    La quatrième et dernière partie de ce chapitre se penche sur les principales voix poétiques ayant réalisé des expériences plus ou moins importantes dans ce domaine, en passant en revue quelques brefs exemples de leurs œuvres qui reflètent bien leur conscience de l’importance de cette question. Puis nous passons à l’expérience d’al-MaqAliH qui fera l’objet des autres chapitres.

    Quant au deuxième chapitre, il examine les facteurs qui ont amené le poète à élargir la sphère de son intérêt aux symboles historiques et mythiques, mais aussi à la manière de les utiliser dans la composition de ses poèmes. Ainsi, nous avons noté la présence d’un ensemble de facteurs appartenant à quatre domaines : culturel, politique, psychologique et artistique, que nous avons étudiés à travers quatre parties.

    Dans la première, nous nous sommes occupé des facteurs d’ordre culturel et qui se résument globalement en trois éléments : l’impact sur le poète de la modernité arabe en matière de poésie, son inspiration des expériences poétiques occidentales, et sa lecture consciente du patrimoine. Il est en effet connu qu’al-MaqAliH était très ouvert sur la modernité littéraire arabe et sur ce qu’elle a dé peint de la déception qui ronge le vécu des Arabes depuis le désastre de 1948 qui a donné naissance à l’entité sioniste sur la terre arabe. Bien sur, elle a empiré et s’est davantage compliquée après le désastre de 1967 qui a débouché sur l’occupation de ce qui restait de la Palestine d’une part, et d’une partie des territoires appartenant à d’autres pays arabes d’autre part.

    De plus, la corruption des régimes arabes n’allait pas arranger les choses. Au contraire, elle a eu un impact décisif sur des mutations profondes qui ont traversé la structure de la littérature arabe, ainsi que la production d’une nouvelle lecture du patrimoine. Et tout cela a frayé la voie à l’ouverture de notre poète, comme à d’autres de sa génération, sur les réalisations des poètes de l’Occident concernant le maniement des symboles de l’histoire et de la mythologie, dont T.S.Eliot.

    Dans la deuxième partie de ce chapitre, il est question des facteurs politiques. Ainsi nous avons tenté de mettre en évidence les problèmes qui ont accompagné les souffrances sociales et politiques aussi bien individuelles que collectives, régionales, voire nationales. Celles auxquelles al-MaqAliH avec d’autres s’est beaucoup intéressé, qu’elles soient celles qui remontent au temps du régime royal d’avant la révolution de 1962 au Yémen ou celles de l’époque de sa résidence en Egypte après la révolution et jusqu’à 1973. Une période qui a vu la parution de la plupart de ses recueils de poèmes riches en symboles historiques et mythiques. Ce sont certainement des facteurs ayant eu des influences internes et psychologiques sur le poète, d’autant plus que la répression , omniprésente dans son environnement , avait de multiples facettes, comme il est souligné au cours de cette partie de l’étude. Une répression exercée par les institutions du pouvoir politique et l’autre émanant des groupes religieux radicaux, manipulés par certains régimes pour contrecarrer le poids croissant des courants gauchistes, et qui se sont engagés dans la guerre à tout ce qui est lié aux revendications modernistes en matière de pensée et d’innovation.

    Les facteurs psychologiques constituent l’objet de la troisième partie de la présente étude. Il s’agit d’une approche de ces facteurs dans leurs aspects inhérents au rapport du moi du poète à ses besoins en différents niveaux d’expressions, aptes à assimiler les soucis imposés par la réalité et à les transmettre symboliquement. Mais cette approche doit passer également par les influences subjectives et objectives découlant de ce rapport, qui suscitent la création d’espaces d’expression du refoulé, afin de faire sortir ce qui est réprimé de son monde vers un autre, un nouveau; à savoir celui du texte poétique où il se libère de son enfermement antérieur. Ainsi passant d’un garde-fou externe progressivement à un garde-fou interne constitué par le moi, de telle manière qu’il garantisse la soumission du moi à l’autre objectif, le mouvement d’utilisation du symbole historique et mythique permet au poème d’avoir la capacité de subvertir et d’éviter la confrontation directe. Et ceci aide évidemment le moi subjectif à se libérer de l’autre, le garde-fou externe, se dotant ainsi de moyens de dire ce qu’il a envie de dire.

    C’est la quatrième partie de ce chapitre qui développe les facteurs techniques (artistiques). Il est évident que l’impact des facteurs culturels, politiques et psychologiques finit par s’enraciner dans l’esprit du poète après une longue maturation le poussant à se rebeller contre les formes anciennes de la poésie arabe. Ainsi, il entame son processus de quête de formes nouvelles de composition poétique qui correspondent aux besoins de transformation et d’évolution, mais qui peuvent assimiler aussi les moyens de la transcendance en matière d’expression. Il expérimente alors différents styles d’utilisation artistique des symboles historiques et mythiques, susceptibles de doter le poème de la capacité de créer à partir de soi-même une entité symbolique. Une entité qui devient le reflet d’un nouveau pouvoir acquis par le texte dirigé vers son environnement et l’explorant en profondeur.

    Dans ce contexte de recherche des sources de l’expérience d’al-MaqAliH en matière de symboles historiques et mythiques, le troisième chapitre intervient pour compléter cette recherche, mais son but est de déterminer les sources d’inspiration d’al-MaqAliH concernant les significations des symboles qu’il introduit dans sa poésie selon un système de rapports nouveau.

    En fait, les poèmes d’al-MaqAliH offrent environ quarante-cinq personnages historiques et mythiques, dont huit appartiennent au champ des mythes grecs et babyloniens. Trente-sept autres sont des personnages historiques, dont dix-sept ayant des dimensions légendaires.

    On peut classer les sources de ces personnages, qu’ils soient purement historiques ou historiques à caractère légendaire, selon des contextes politiques, religieux et littéraires. Ajoutés aux symboles mythiques, ils donnent naissance à quatre groupes dont l’étude se fait en quatre parties.

    Parmi les personnages qui tirent leur importance symbolique du contexte historico-politique et social, nous retrouvons celui de ‘Alī ibn al-FaDl et trois autres dont la valeur symbolique découle du contexte historico-politico-militant, en plus des contes et légendes qui les entourent. Ces trois derniers sont : Sayf ibn Dī Yazan, ‘Amr ibn MīzīqiyA et Dū NuwAs al-Himyarī déjà cités dans la première partie de ce chapitre. Dans la deuxième, nous avons passé en revue les personnages les plus importants qui tirent leur valeur symbolique du contexte historico-religieux. Certains parmi eux appartiennent à l’histoire des grandes religions à l’instar des prophètes, MuHammad, Job et Joseph. D’autres sont des personnages des mouvements de pensée musulmane qui ont marqué le processus de l’histoire politico-sociale, dont ’Umm HAšim Zaynab la fille de al-Husayn ibn ‘Alī ibn ’Abī TAlib. Sa valeur symbolique est étroitement liée au contexte historique chi’ite et les dimensions mystiques qui l’entoure. Tout cela la dote d’une dimension légendaire dans l’imaginaire des gens.

    En plus, on peut ajouter à ces personnages d’autres qui, à l’origine, ont marqué l’histoire de la pensée mystique musulmane à l’instar de SufyAn at-Tawrī, QaylAn ad-Dimašqī et Farīd ad-dīn al-‘ATTAr.

    Dans la troisième partie, nous retrouvons des personnages appartenant au contexte de l’histoire littéraire. Le plus important est WaDDAH al-Yaman qui a acquis une dimension historique à travers le conte le concernant et qui sera traité dans le chapitre approprié. ‘ImAra al-Yamanī, personnage politico-littéraire, ainsi que d’autres ayant marqué l’histoire de la littérature arabe en général, à savoir: ’Abū NuwAs, al-Ma‘arrī, al-Mutanabbī, MAlik ibn ar-Rayb, Imru’al-qays et ‘Antara, associé au personnage symbolique ‘Abla dans le poème Al-baHt ‘an ‘Abla fī mudun ar-raSAS war-ramAd (A la recherche de ‘Abla dans la cité des balles et des cendres). Ces personnages historico-légendaires du patrimoine populaire nous accompagneront, eux aussi, tout au long des pages consacrées à cette partie.

    L’objet de la quatrième partie du troisième chapitre est consacré aux personnages du patrimoine légendaire.

    En revisitant la majorité les personnages auxquels le poète a eu recours dans son expérience poétique, lors de ses différentes phases, en vue de dévoiler à quels champs elles appartiennent au sein de leurs sources d’origine, la présente étude tente dans ce chapitre de le faire dans un contexte particulier : celui de déterminer les principaux aspects sémantico-symboliques qui relient la valeur symbolique dans sa source d’origine aux significations et suggestions symboliques inhérentes à l’expérience du poète dans son rapport avec les problèmes de sa société et avec les soucis du temps.

    Si notre étude se limite à certains personnages et à quelques indications sur d’autres, c’est parce que les objectifs assignés à ce chapitre ne permettent pas de s’étendre longuement sur chacun de ces personnages. En outre, les personnages en étroite liaison avec l’expérience d’al-MaqAliH, examinés assez longuement, peuvent être considérés comme une base générale et globale représentative de la plupart des questions inhérentes aux autres personnages moins explicites.

    Le quatrième chapitre s’attache à répertorier les fonctions remplies par le symbole. Nous en avons constaté quatre: expressionniste, idéologique, dramatique et interprétative.

    La fonction d’expression est assignée à la première partie du chapitre. Évidemment, dans son aspect concernant ce que le symbole offre au poète lors de son interaction avec le lecteur selon un message qui se présente à travers des contextes linguistiques aux significations implicites. Ainsi, grâce au symbole, le poète devient en mesure de créer des contextes et des niveaux d’expression déguisés lui permettant d’éviter la confrontation directe. Ce sont des contextes impossibles de deviner l’existence si on ne procède pas à une lecture capable d’explorer leurs secrets profonds et leurs significations symboliques interdépendantes. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que le langage du poème fondé sur une architecture symbolique, est un langage complexe, composé des significations du symbole dans sa source originelle mais en même temps inspirées de l’expérience du poète. Ce qui rend le symbole capable de remplir la fonction de dégager le langage poétique de ses significations déjà connues et de ses anciens contextes. Par conséquent, il le dote de significations, de connaissances et de visions nouvelles ne se limitant pas au renouveau du style d’expression, mais lui permettant aussi d’assumer une autre fonction. Cette dernière n’est autre que la fonction idéologique, objet d’étude de la deuxième partie de ce chapitre, où le langage poétique arrive, grâce à ses éléments d’expressions différents, à cristalliser et mûrir l’opinion du poète à l’égard des problèmes réels, individuels ou collectifs, et des niveaux autorisant leur transcendance.

    La troisième partie de ce quatrième chapitre est consacrée à la fonction dramatique du symbole. Une fonction dont on peut cerner les différents niveaux par le biais de la compréhension du rapport émergeant entre le soi et le thème. Le symbole limite, effectivement, l’exagération du soi et aussi son lyrisme au sein de ce rapport où le soi fusionne avec le thème comme il peut juste l’intégrer sans se fondre en lui.

    Le symbole instaure donc un dialogue interne dramatique entre la voix du poète, le soi et celle du personnage symbolique, le thème, qui interagissent et pèsent l’une sur l’autre pour donner naissance à une voix unique. Celle qui se manifeste à travers la valeur symbolique du texte poétique en tant que pièce globale complémentaire.

    À ce niveau, une autre fonction du symbole se manifeste : la fonction d’interprétation réservée pour la quatrième partie de ce chapitre. Ses premiers contours sont déterminés par le rapport naissant entre le poète, qui interprète le texte historique ou mythique d’une part, et ce dernier avec son expérience, sujet d’interprétation, d’autre part. La raison de ce rapport est due au fait que le symbole impose au poète l’explication des sens et de conclure aux significations qui expriment l’expérience du personnage symbolique. Ainsi, le symbole procède à l’interprétation de l’expérience du poète et celle du personnage qu’il présente. Cette fonction devient de plus en plus importante lorsque le symbole dévoile des contextes aptes à être interprétés de la part du lecteur qui tente de percevoir les différents niveaux d’interprétation du symbole par le biais de la lecture innovatrice. Celle qui se base sur les modes d’expression interprétant d’emblée le symbole.

    Mais par le biais aussi d’une interprétation cohérente avec les composantes culturelles du lecteur et sa conscience personnelle. Ainsi la composition symbolique du poème le rend apte à s’ouvrir sur des interprétations symboliques renouvelées et diverses à chaque fois que nos connaissance se renouvellent à leur tour et s’opposent lorsque nous les approchons par la lecture analytique. Ceci est exactement ce que nous allons tenter dans le chapitre suivant, le cinquième.

    Il est consacré à lire analytiquement certains poèmes. Une lecture basée sur l’observation de l’évolution de la valeur symbolique à travers la dynamique des composantes artistiques et sémantiques du poème dans sa globalité et sa complémentarité. Pour cela, nous avons choisi trois poèmes représentatifs de trois phases de l’expérience d’al-MaqAliH. De plus ce sont des poèmes qui recourent à différentes manières d’utiliser le symbole. Le premier : TaHt Qindīl ’Umm HAšim (Sous la lanterne de la mère de ’Umm HAšim), paru dans le premier recueil poétique publié par al-MaqAliH sous le titre LA budda min San‘A’ (Sanaa inévitablement) paru en 1970. Ce poème représente bien la première phase de son expérience où il recourt au symbole d’une manière où le symbole assure sa présence, via le pronom personnel "moi". ‘Awdat WaDDAH al-Yaman (Le retour de WaDDAH du Yémen) est le deuxième poème qui allait devenir le titre de tout un recueil, le cinquième, paru en 1976. Ce poème est représentatif d’une période importante dans la carrière d’al-MaqAliH et, même dans l’évolution de la dynamique sociale et politique environnante, non seulement au Yémen, mais aussi dans tout le monde arabe. Nous avons tenté de l’approcher à travers une optique analytique qui met en évidence l’utilisation par le poète de la technique du masque lorsqu’il recourt au symbole, mais qui montre également la réalisation de l’intertextualité dans le poème qui en résulte. Le troisième poème est celui connu sous le titre IbtihAlAt (Prières), paru dans le recueil intitulé ’Abğadiyyat ar-rūH (L’alphabet de l’âme), publié en 1996. Ce poème constitue bien un modèle typique adéquat pour mieux connaître la troisième phase importante dans l’expérience d’al-MaqAliH.
    Je ne prétends pas avoir abordé tout ce qui touche à ce phénomène dont l’étude nécessite des efforts considérables et complémentaires. De ce fait, mon étude n’est qu’une étape
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  • #2
    ÔßÑÇ ÌÒíáÇ

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